Prêtres missionnaires : tout quitter pour annoncer le Christ

Ils viennent d’Italie, d’Inde et de Pologne. Ils sont prêtres et actuellement étudiants à l’institution Mission Langues à Angers pour parfaire leur français, avant de tout quitter pour partir en mission. Qui sont ces missionnaires prêts à laisser derrière eux une famille, des paroissiens et des responsabilités diocésaines, et à s’envoler pour le Tchad ou la Côte d’Ivoire ? Entretien.

Dans quelques mois, au terme de la session d’apprentissage du Français à Mission Langes, ils rejoindront chacun leur lieu de mission. Avec un peu d’appréhension... et beaucoup de joie.

Animés d’un même désir missionnaire

« Cela fait quatorze ans que j’attends ce moment. C’est un projet qui s’accomplit » se réjouit le père Rupak. Cette mission me rapproche de Dieu, je suis heureux de répondre à son appel ».
Car à travers leurs évêques ou supérieurs de communautés, c’est bien le Christ qui envoie ces missionnaires « pour porter l’Evangile au monde. »
Rupak est originaire de Bombay en Inde, la mission est l’ADN de sa communauté : membre des PIME (Institut pontifical des missions étrangères, l’équivalent des MEP ou Mission étrangères de Paris, pour l’Italie) qui comprend environ 400 missionnaires à travers le monde, il est prêtre depuis 14 ans et ancien formateur dans un séminaire. Il a été envoyé par ses supérieurs à Bouaké en Côte d’Ivoire, où il retrouvera les pères Krishna et Sagar (prêtres indiens PIME, qui ont été au service de la paroisse St Lazare St Nicolas d’Angers l’an dernier) au service des paroisses locales.

Les pères Rupak, Mauro et Robert

C’est aussi la joie qui anime le père Robert. Prêtre polonais, missionnaire de Notre-Dame de la Salette, il a été ordonné en 1997 près de Cracovie. Mais c’est essentiellement en Ukraine qu’il a exercé son ministère de curé de paroisse. Contrairement à ses confrères prêtres qui vont s’envoler pour l’Afrique, le lieu de mission où son supérieur l’a envoyé se trouve en France à la maison-mère de la congrégation : le sanctuaire de la Salette près de Grenoble, où il sera responsable de communauté.

Le père Mauro, lui, est attendu dans une paroisse du Tchad. « J’ai toujours été fasciné par les missionnaires (...). Là où je vais, je sais qu’on a besoin de moi. Je vais essayer d’aimer les paroissiens là-bas, comme j’ai essayé de les aimer chez moi. » Il a quitté sa paroisse il y a quelques mois. Il est prêtre Fidei Donum (c’est-à-dire envoyé par son diocèse pour exercer son ministère dans un autre diocèse) originaire de Trévise en Italie. Une convention unit son diocèse avec des diocèses au Brésil, au Tchad et au Paraguay. Régulièrement sept à huit prêtres sont envoyés dans ces trois pays où les besoins des communautés sont immenses, et il arrive aussi que des prêtres des ces pays viennent en Italie pour épauler le clergé de Trévise. Au Tchad, Mauro va donc « prendre le relais » d’autres confrères prêtres.

Le français difficile à apprendre, mais indispensable

« Au Tchad il y a beaucoup de pauvreté, la transmission se fait davantage par oral que par les livres et cahiers, je dois donc bien maîtriser le français » précise Mauro. En côte d’Ivoire, Rupak aura également besoin du français, même si les écoles sont mieux équipées. Quand au p. Robert, son expérience de curé en Ukraine l’a déjà familiarisé un peu avec le français car « à l’Est de l’Ukraine, il y a beaucoup d’étudiants d’Afrique francophone ». Ses connaissances linguistiques de polonais et de français seront appréciées pour auprès des pèlerins polonais, ukrainiens ou russes, nombreux en ce lieux.

L’institut Mission Langues offre une possibilité unique en France pour ces missionnaires. Ce centre de formation au service de la mission universelle de l’Eglise, a pour but de préparer, dans un contexte approprié, les prêtres et religieux/ses de tous les pays, à mener à bien à bien leur mission.

Pour en savoir plus : Institution Mission Langues