Sœur Colette Coquant : ivoirienne de coeur

Sr Colette Coquant a passé 31 ans en Côte d’Ivoire. Cette religieuse de la Providence de la Pommeraye y a été enseignante puis directrice d’établissement. Elle est rentrée définitivement en octobre, après une longue mission ivoirienne qui l’a transformée.

Un appel inattendu : une mission en Afrique ! Un jour de 1982, Sr Colette, originaire de Croix dans le Nord de la France, ne s’attend pas du tout à être envoyée par ses supérieures en Côte d’Ivoire. C’est pourtant là que le Seigneur l’attend : à Béoumi au centre du pays. Sr Colette Coquant y travaillera comme professeur et intendante, puis directrice d’un gros établissement scolaire de la Providence, qui compte 400 jeunes filles dont 230 internes.
A son arrivée, seules des sœurs françaises sont présentes au service de l’établissement. Les sœurs africaines les rejoindront quelques années plus tard. Deux petites communautés religieuses vivent séparément : l’une au collège et l’autre à l’école primaire.

Un autre monde

Au début il faut s’adapter : climat, nourriture, notion du temps qui n’est pas la même, apprentissage de la langue locale : la première messe de minuit se déroule entièrement en langue baoulé... « je n’ai absolument rien compris », s’amuse aujourd’hui Sr Colette Coquant.
L’intendance pour cet énorme établissement lui demande beaucoup de travail, en plus du reste : enseignement du catéchisme et de l’Anglais à des élèves pas forcément enclins à l’apprentissage des langues étrangères.
Les sœurs se soutiennent beaucoup : un repas est partagé avec l’autre communauté une fois par semaine, on rit beaucoup. Les premières années, les religieuses françaises rentrent pour deux mois, tous les deux ans. Une fois directrice, Sr Colette Coquant n’aura plus les mêmes possibilités.
Toute donnée à sa mission auprès des élèves, elle constate que le niveau scolaire n’égale pas celui de la France. En même temps, comment apprendre correctement à un élève de sixième des règles de grammaire dans des classes surchargées, allant de 40 à parfois 120 élèves pour les établissements publics ? Restés au dehors par manque de place, les petits élèvent tendent l’oreille pour comprendre le cours.

Après l’enseignement, une nouvelle mission

La mission de Sr Colette auprès des jeunes s’achève au bout de 27 ans. En 2009, elle revient au centre spirituel de la Pommeraye où elle est chargée de la communication. Toutefois, la voici de nouveau envoyée en Côte d’Ivoire six ans plus tard. Nous sommes en 2015. Cette nouvelle mission n’a rien à voir avec la précédente : il s’agit de surveiller une plantation d’Hévéas et de culture vivrière tout en portant la responsabilité d’une équipe de Jeunesse étudiante catholique (JEC) dans la paroisse.

Soeur Colette Coquant en Côte d’Ivoire

Ensuite, c’est dans la grande ville de Bouaké que Sr Colette est envoyée comme responsable d’un foyer de jeunes filles.

Une jeunesse ivoirienne en mutation

Au foyer de Bouaké, elle remarque que si les jeunes ivoiriens vouent depuis toujours un grand respect aux anciens, depuis quelques années les comportements évoluent : de nombreuses fois, Sr Colette doit recadrer des élèves sur les heures de sorties ou les règles vestimentaires.
Au bout d’un an, un décès dans sa famille contraint la religieuse à revenir en France. Mais l’évêque ivoirien de la région la rappelle afin qu’elle puisse dire aurevoir à tout le monde : « vous avez servi 31 ans dans notre pays, vous ne pouvez pas vous en aller comme cela » lui dit-il avec gratitude.

Soeur Colette aujourd’hui à la Pommeraye

Touchée par cette invitation, Sr Colette, ivoirienne de cœur, prend donc le temps en octobre dernier de saluer ses collègues professeurs, ses élèves et toutes les personnes qu’elle a côtoyées, avant de revenir définitivement en France, à la Pommeraye. Aujourd’hui, des liens demeurent avec les jeunes filles de l’institution de Béoumi, et deux d’entre elles viendront lui rendre visite pour Noël.

Pour aller plus loin : Congrégation de la Providence de la Pommeraye